Les Indépendants et la Ve République - 1958

Lors de la crise survenue à Alger en Mai 1958, Antoine Pinay, accompagné d'Henri Yrissou, se rendit auprès du Général de Gaulle à Colombey. Celui-ci leur tint un langage qui amena les Indépendants, défenseurs convaincus du maintien de l'Algérie dans la France et partisans d'une nouvelle Constitution, à soutenir l'arrivée au pouvoir du Général le mois suivant et à approuver en Septembre la Constitution de la Ve République (dont Paul Reynaud, C.N.I., avait présidé le Comité préparatoire qui adopta le projet préparé par Michel Debré et largement inspiré des travaux d'André Tardieu vingt années plut tôt).

Aux élections de Novembre 1958 le C.N.I. obtenait un grand succès et comptait dans la première Assemblée de la Ve République 118 députés devenant le deuxième parti de France derrière l'U.N.R. gaulliste (209 élus) et devançant largement les démocrates-chrétiens M.R.P. (57), les socialistes (44), les radicaux (43) et les communistes (10). Au Sénat, les Indépendants devenaient le groupe le plus nombreux. Dans les conseils généraux au début des années 60, on comptait 1 049 élus indépendants et divers droite, 707 radicaux, 538 socialistes, 287 M.R.P., 205 U.N..R. et 102 communistes...

Antoine Pinay, devenu ministre des Finances (assisté de deux autres élus indépendants : Max Fléchet et Valéry Giscard d'Estaing, secrétaires d'Etat), rétablissait la confiance et la stabilité du franc. A l'Assemblée François Valentin, C.N.I., présidait la Commission de Défense Nationale et Paul Reynaud celle des Finances, le groupe parlementaire (1) étant dirigé successivement par Henri Bergasse, député de Marseille puis Bertrand Motte, député du Nord pendant que Michel Junot, député de Paris, élu représentant au Conseil de l'Europe et à l'Union de l'Europe Occidentale, présidait dans ces deux organismes le Groupe Libéral.

L'évolution de la politique algérienne du Général de Gaulle dans un sens opposé à celui qui avait été annoncé puis le renvoi d'Antoine Pinay en Janvier 1960 s'ajoutant à des désaccords sur le plan européen et constitutionnel amenèrent la majorité des Indépendants, demeurés fidèles au programme sur lequel ils avaient été élus, à s'opposer au gouvernement et à voter la censure.

Au moment de la dissolution de l'automne 1962, une trentaine d'élus C.N.I. conduits par Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Marcellin et Raymond Mondon, provoquèrent une scission qui aboutit à la création des Républicains Indépendants (plus tard Parti Républicain).

Les élections du 30 novembre 1962 constituèrent une grave défaite pour le C.N.I. qui s'était opposé à la réforme constitutionnelle. Seuls une dizaine de sortants Indépendants furent réélus.


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